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Trappes outragée.

On a pu lire récemment des articles racistes bien écœurants sur le web concernant Trappes et sa population.

"Trappes-en-ligne" étant un site dédié à la vie sociale et politique de cette ville, on a décidé de se mêler de ce qu'on en dit. On ne citera pas d'extraits du principal article incriminé ici, ça tacherait la page. Vous n'avez qu'à aller voir par vous-même.

En résumé : Trappes est une vilaine enclave islamiste en France, et le maire de la ville est complice... On aurait pu adresser un message au site concerné tellement on a eu la nausée en lisant ce truc, mais on a renoncé. Quelqu'un a jugé décent de le faire. Dans un commentaire sur sa contribution, le rédacteur du site regrette que "cette militante républicaine puisse faire référence à Laurent Mucchielli, pour banaliser la réalité des violences urbaines." Tu parles d'une histoire... D'autres pourront plutôt regretter avec consternation qu'une "militante républicaine" n'ait rien trouvé d'autre à reprocher à cette énorme provocation que des inexactitudes factuelles. En substance : le récit n'est pas honnête car l'image de Trappes qu'il donne n'est plus d'actualité, grâce aux efforts de la mairie. L'article est qualifié d'un aimable "contre productif". Passons...

La mairie de Trappes a envoyé, par l'intermédiaire d'un avocat, une mise en demeure de retirer l'article du site. Du coup, tout émoustillés par l'importance que leur donne cette action, les auteurs crient partout sur le web qu'on s'en prend à leur liberté d'expression, ce qui est, selon eux, une démonstration du bien fondé de leur croisade.

Mesdames et Messieurs de Riposte Laïque, ne vous la pétez pas trop ! Vous n'êtes pas devenu le centre du monde libre parce que Guy Malandain vous a fait envoyer une lettre par l'avocat de la ville. Laissez-nous vous livrer quelques réflexions qui ne manqueront pas de contrarier votre penchant malsain pour la persécution.

Tout d'abord, Guy Malandain n'est pas islamophile contrairement à ce que vous suggérez dans vos commentaires qui suivent la mise en demeure, même s'il est évident qu'il a surfé sur le mécontentement des musulmans de la ville pour battre en 2001 son prédécesseur dont il était pourtant adjoint. Vous devriez regarder de plus près sa politique pour le comprendre. Vous vous apercevriez que les transformations de la ville menées sous sa mandature conduiront dans le temps à l'éviction des habitants socialement modestes hors de la ville et, à Trappes, les musulmans sont socialement modestes. Rien ne dit qu'un autre maire aurait fait différemment, tant les politiques menées en banlieue au nom du renouvellement urbain sont semblables les unes aux autres. Mais il est fier de "son œuvre", alors laissons-le l'assumer.

Ici comme ailleurs, cette politique subtile a le génie de contenter à bon compte les petits bourgeois, mais aussi tous les racistes islamophobes, toutes tendances politiques confondues, qui peuvent s'abriter derrière "l'expertise" des urbanistes consensuels et leurs analyses savantes sur la sécurité, la mixité, la résidentialisation, etc. : racistes éructeurs (un peu comme votre Maxime Lépante) d'extrême droite, racistes patelins de droite classique, racistes prolétaires aussi bien qu'intellectuels de gauche, longtemps honteux et frustrés, ou racistes simplement, sans marque politique distincte. Avec la politique de renouvellement urbain, peu importe le discours, seul compte le résultat : l'éviction des "classes dangereuses" vers d'autres marges, derrière les murs et les grilles des cités résidentialisées, et la disparition progressive des signes extérieurs de leur présence. Dont les voiles et les barbes. "Qu'on revienne entre nous, sans haine ni violence, mais sans perdre un instant !" Ce serait un bon sous-titre pour un contrat urbain de cohésion sociale (CUCS), pourquoi pas celui de Trappes. Objectif : que Trappes redevienne une bonne ville de bonnes vieilles familles cheminotes normandes et bretonnes, bien laïques, bien sûr, mais si délicieusement chrétiennes à la foi(s)... Comme avant les années 80. Construisons en accession à la propriété, et le "tri" se fera tout seul. Avec un peu de chance, si des arabes achètent, ce seront des petits bourgeois intégrés : femme dévoilées et hommes mangeurs d'andouillette ou buveurs de whisky. Pour se payer le mètre carré dans les Yvelines, même à Trappes et après la crise financière, il faut un salaire conséquent. Et, en France, on n'a pas facilement un bon job si on est un musulman trop voyant. Regardez dans vos mairies, même de gauche...

Pour la bonne conscience des électeurs de gauche, justement (le conseil municipal est à majorité PS / PC), les dames patronnesses de la bonne société locale dispensent leurs grâces néo coloniales et leur Beuh-ah-bah émancipateur dans les "centres sociaux" municipaux. On met des guillemets, car cette dénomination est ici inappropriée.

Voilà brossé un tableau de la "politique républicaine" de la municipalité trappiste qui est certainement assez caricatural, mais c'est comme ça qu'on la voit, à Trappes-en-ligne.

Malandain n'est pas un islamophobe hystérique comme on en lit en pagaille sur vos pages, soit. Et  tant mieux, même. Ça n'en fait pas un combattant d'Al Qaïda ou du Hamas pour autant, rassurez-vous ! C'est plutôt un Gérin ou un Valls tranquille, voyez-vous... Sans faire de bruit, propre sur lui, il en fait peut-être plus pour votre cause que les deux autres qui tapent sur des gamelles médiatiques à tour de bras ! Même s'il n'est pas des vôtres, vous vous trompez de cible, c'est sûr. Sur les rapports complexes entre le maire de Trappes et la religion musulmane, on n'aura pas l'arrogance vaniteuse de vous proposer la lecture des billets de Trappes-en-ligne. On vous suggère plutôt celle des (beaux) restes du blog de Stéphane Dumouchy et Kamal Benmarouf, deux trappistes épris de valeurs laïques et républicaines sincères, c'est à dire dénuées d'arrière-pensée xénophobe ou électorale.

Sur le blog de ces deux trappistes, vous découvrirez justement (ou feindrez de découvrir, plutôt) que d'autres ont été attaqués avant vous pour avoir pris position sur le web contre le maire de Trappes et sa politique. Mais pas pour avoir insulté toute la population de la ville, il est vrai. Vous ne faites donc pas l'objet d'un traitement "de faveur" de la part du maire de Trappes. Pour tout vous dire, "Trappes-en-ligne" a eu affaire à l'avocat de la ville à plusieurs reprises. Mais on n'a pas cherché ici à en faire un argument de vente comme vous le faites. Ce qui est la cause de chaque attaque ou tentative par le maire, c'est simplement le fait d'écrire publiquement du mal de la politique menée à Trappes. Trappes-en-ligne soutient des positions à des années lumière des vôtres, et Trappes-SQY-blog, poursuivi aussi, était encore sur un autre terrain. En ce qui concerne votre article, Malandain a eu beau jeu de s'indigner de vos manipulations grossières et de vos amalgames infantiles entre présence visible des musulmans, arabisation, "islamisme", délinquance, pour trouver matière à vous rentrer dedans. Car, entre nous, votre papier était proprement raciste. Et dans le plus pur style des dégueulasseries qu'on pouvait lire dans les années trente sous les plumes grasses de l'Action Française, à l'époque où la France était encore bien chrétienne et pas encore "défrancisée", comme vous dites... On se tient prêt à démontrer en détail que vos propos étaient effectivement racistes, provocateurs et belliqueux. Même devant un juge si vous l'estimez utile.

Vous pouvez vous cacher derrière des articles du Monde ou de l'Humanité pour obtenir une caution supposée de gauche, ça ne change rien. N'avez vous pas remarqué, d'ailleurs, que dans l'article de l'Huma que vous avez tant aimé, témoigne un actuel fidèle adjoint communiste de Malandain ? Vous cherchez l'impunité pénale en vous prétendant hostiles à l'islamisme politique qui n'est pas une religion, mais c'est bien contre la simple présence de l'islam en France et l'existence de musulmans français que milite votre "sainte ligue" à longueur de pages sur le site Riposte Laïque, et pour le compte du "christianisme politique" qui plus est. Le pseudo de Lépante, que vous tirez d'une bataille qui n'a rien de symbolique, est révélateur à cet égard. "Charles Martel" aurait été un peu gros, peut être ?

Tout ça pour vous dire ceci : ne voyez pas dans les actions judiciaires de la mairie de Trappes une démonstration de la justesse de votre sainte croisade. La lettre de l'avocat de Guy Malandain ne vaut pas tout le foin que vous en faites sur la toile. Vous avez titillé l'égo hypertrophié d'un élu local, c'est tout. Et concernant Malandain, c'est vraiment pas un exploit !

Non, vraiment, désolé de contredire votre délire de persécution typique de l'extrême droite traditionaliste française, mais vous n'êtes pas encore les martyrs de votre cause, et c'est pas demain que les lions mangeront vos cœurs purs dans l'arène.


Et bonne année aux autres !

Le 13 janvier 2010.


Le maire, le père Noël et le parachutiste.

Le maire de trappes ne rate jamais une occasion de nous faire la leçon en matière de principes républicains. Il ne pouvait donc passer à côté de celle que lui offre le gouvernement avec son grand débat sur l'identité nationale. Malandain nous livre donc ses pensées profondes sur la question dans un édito de la feuille municipale de décembre.

"...faut-il un débat sur l'identité nationale... Pourquoi faire ?" s'interroge Malandain. Il ne nous dit pas s'il en faut un, mais il y prend part, ce qui revient à répondre oui... Et il nous envoie ses plus grosses tartes à la crème à la figure : "La France, c'est le pays des droits de l'Homme, de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité." Suivent d'autres poncifs sur la France-que-tout-le-monde-admire-et-copie-sauf-les-méchants. Rappelons ici à quelques uns que liberté, égalité et fraternité ne sont pas les droits fondamentaux définis dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, mais simplement la devise de la République. Les "droits naturels et imprescriptibles de l'homme " sont : la liberté, certes, mais aussi la propriété, la sureté et la résistance à l'oppression. Les grands vulgarisateurs de la doctrine républicaine française tels que le maire de Trappes préfèrent s'en tenir à la fraternité ou à l'égalité. On les comprend : c'est plus facile à vendre !

Mais Malandain - qui est un penseur politique du calibre d'un Rousseau ou d'un Saint-Just - ne craint pas d'ajouter sa patte personnelle à ces classiques du gargarisme ethnocentriste franchouillard : "C'est le pays de la laïcité où chacun peut exercer librement sa religion mais où les intégrismes n'ont pas leur place et où la "sphère publique" est indépendante des croyances de chacun." On en était à se demander tranquillement à quoi pouvait bien servir un débat sur l'identité nationale, et paf ! On se retrouve à évoquer la religion et "les intégrismes". C'est à dire exactement ce que voulaient Sarkozy et Besson. De l'identité nationale, on glisse inexplicablement et directement vers la religion, en s'en prenant aux "intégrismes" comme pour s'en excuser. Drôle de logique... Glissons encore un peu, on n'est plus très loin des minarets et de la burqa.

Le pluriel à "intégrismes" est intéressant. En apparence, il met toutes les pratiques sur le même plan. D'ailleurs, Malandain nous rappelle bien le principe de neutralité au sein de la "sphère publique". Indépendance des croyances de chacun, donc ? Pas si sûr... Prenez le journal municipal, justement. En couverture, on nous vante les "fééries de Trappes". Jusque-là, c'est 100% laïc ! Pas de petit Jésus dans l'étable, pas de père Noël en traineau, pas de roi mage à l'horizon, même si une des libellules de l'illustration porte une couronne... On avait dénoncé, sur Trappes en ligne, le manque de neutralité de la municipalité qui fêtait ostensiblement Noël il y a quelques années. La ville avait rectifié le tir en déchristianisant ses fêtes de fin d'année. Pourtant, à l'intérieur du bulletin municipal, le naturel revient au galop : on retrouve les "père Noël" et "galette des rois" qu'on avait soigneusement écartés de la couverture. C'est vrai que le père Noël a été popularisé au début du XXème siècle par une célèbre marque américaine de soda, ce qui n'a rien de très religieux. Mais on ne peut tout de même pas ignorer qu'il s'agit de Saint Nicolas ! Quant aux rois de la galette, ce sont les mages de l'Évangile des chrétiens, et personne d'autre. La fête de l'Epiphanie commémore bien l’anniversaire de la présentation de l’Enfant Dieu au monde des hommes.

Que ce soit bien clair : on n'a rien ici contre la pâtisserie feuilletée à la frangipane ni contre les sapins de Noël, la fête, les cadeaux, les bons repas, etc.. On veut juste démasquer les tartuffes laïcs qui refusent de reconnaître que leurs pratiques publiques et officielles ne sont pas neutres. Au final, notre maire s'indigne de l'organisation d'un débat sur l'identité nationale et en profite pour nous parler de religion et d'intégrismes, et sa mairie fait la fête pour la naissance de Jésus Christ... On est en droit de penser que le "s" d'intégrisme n'est pas franc ! Guy Malandain peut faire la leçon à Eric Besson, il ne vaut pas mieux que lui.

On aimerait savoir ce qu'en pense le futur maire de Trappes : Benoît Hamon. Oh, ne faites pas les étonnés, tout le monde est au courant : le porte parole du PS s'installe en ville pour y poursuivre sa carrière politique, aux régionales puis aux municipales. Pourquoi lui ? "Il faut bien que quelqu'un assume une suite à cette ville, alors pourquoi pas lui..." déclarait Jeanine Mary à Toutes les Nouvelles il y a quelques jours. C'est clair que ce n'est pas parmi ses amis du Conseil municipal qu'on va trouver quelqu'un d'intéressant ! C'est en tout cas ce qu'a l'air de penser Malandain, et c'est tant pis / bien fait pour ses colistiers !

Il avait bien, un temps, pensé à sa fidèle première adjointe pour lui succéder. Mais elle ne nous aime pas, nous les trappistes. Alors elle ne veut pas être maire de Trappes. Elle préfère sans doute les tentures et dorures du Conseil général à Versailles. C'est plus conforme à son style. Plus tard, on a évoqué la promotion possible de Samuel Abo. Manifestement, ça n'est plus à l'ordre du jour. Ici, sur Trappes en ligne, on préparait de mauvaises surprises pour le maire et le PS dans cette éventualité. On les remballe.

Benoît Hamon sera donc le successeur de Guy Malandain. Comme candidat en tout cas ! Dans leur tribune de l'opposition sur la gazette municipale, Dominique Dubuisson et ses collègues s'indignent de l'offense faite aux électeurs trappistes par ce parachutage. Mais il doit reconnaître que Benoît Hamon n'est pas moins trappiste que Malandain ou Mary !

En tout cas, Dubuisson a raison : ce n'est pas de péripéties politiques que nous avons besoin. Il poursuit : "tandis que la suractivité des promoteurs bétonneurs bat son plein, les habitants attendent toujours un terrain de football en synthétique, des pistes cyclables, des trottoirs décents pour les piétons, des temps d'attente raisonnables à l'accueil de la Mairie, un débat sur la distribution de l'eau ....". Mais comment peut-on être assez naïf pour espérer la construction de trottoirs et de pistes cyclables de la part d'un conseil municipal qui a voté une motion pour soutenir le projet de circuit de F1 du Conseil général de droite dans les Yvelines ? Comme si un grand prix de France allait sauver des emplois de la filière automobile dans la vallée de la Seine !

Quant à la municipalisation de la distribution d'eau : nos socialistes et communistes locaux sont de brillants défenseurs du service public quand il s'agit de fustiger le gouvernement UMP qui le menace, mais de là à le développer localement dans la distribution des fluides ou encore en multipliant les transports en commun dans leur agglomération, faudrait quand-même pas exagérer !

Le 14 décembre 2009.



Trappes-an-der-Spree.

Tout le monde fête la chute du mur de Berlin, aujourd'hui. On se demande bien pourquoi... C'est vrai, quoi : quand il y avait un mur pour séparer les deux parties de la ville allemande, ici, à Trappes, on circulait librement d'un square à l'autre. C'était le bon temps ! Si on n'aime pas les murs chez les autres, il faut pas en construire des kilomètres chez nous !

Blague à part, un mur, de séparation, c'est un mur de séparation. A Berlin, en Israël ou au square Langevin, toute proportion gardée. Ça sert à empêcher quelqu'un de passer, en préjugeant de ses intentions qu'on considère comme mauvaises a priori.

Vous l'aurez compris, on en a encore après la "miradorisation" de nos cités...

Mais à quoi ça sert de fermer un square avec des grilles ? Ou plutôt : à qui ? A ceux qui y habitent ? Pourquoi, ça les protège du chômage ? Des augmentations de loyer ? Du trafic de drogue ? Des voitures brûlées ? De la grippe A H1 N1 ? De la connerie des programmes télé ? Des merdes de chien sur les pelouses ? C'est pas prouvé...

Tout ce que ça fait, les grilles, c'est que ça semble empêcher les autres de passer (on peut toujours y croire, et les enfants d'âge maternel dans les squares sont moins bornés que les urbanistes). Et quand les autres ça commence aux habitants de l'immeuble d'à côté, on a de quoi être inquiet. Faut pas s'étonner que les gamins se mettent en bande par cité et s'embrouillent d'un bout à l'autre de la ville, quand leurs parents se barricadent les uns contre les autres, sous le haut patronage du bon Monsieur Malandain flanqué de ses "experts", et sous la maîtrise d'ouvrage de leurs bailleurs qui payent leurs travaux avec des subventions financées par nos impôts. Il faut dire que la résidentialisation des squares, c'est chaudement encouragé par les pouvoirs publics. C'est la panacée du 21ème siècle pour lutter contre tous les maux des banlieues.

La résidentialisation, concept modernissime, fait aussi bien en matière de séparationisme que le socialisme de RDA. Socialisme ? Je me souviens d'un professeur allemand de la fac de Nürnberg, un an après la chute du mur de Berlin, qui disait du régime est-allemand : "cette caricature de socialisme n'était que le dernier avatar de la bureaucratie prussienne d'inspiration luthérienne !".

La bureaucratie, ici, on connaît. La pensée unique aussi. Le sécuritarisme patelin de nos experts en résidentialisation, droite et gauche bras-dessus bras-dessous comme Ortefeux avec Besson, c'est une forme de pensée unique. Et la résidentialisation, c'est leur chef d'œuvre. Mais eux, nos éminents donneurs de leçon de la rénovation urbaine, ils sont propriétaires à Guyancourt, Auffargis, Rambouillet ou encore Marly-le-Roi.

Ils ne sont pas locataires à Trappes.

Le 9 novembre 2009.



"Voici le temps de la rentrée !"

C'était par ce titre qu'on s'apprêtait à parodier la feuille municipale en commençant ce billet avant-hier. Et puis ce matin, paf : le canard de Malandain est dans nos boîtes, titrant fièrement : "le temps des rentrées !"

On s'est fait griller...

Depuis huit ans que Guy Malandain est maire de Trappes, le manque d'imagination est au pouvoir dans la communication municipale, et on nous sert toujours les mêmes clichés. C'est à l'image du reste, vous me direz. On ne compte plus les "voici le temps des vacances" en juillet, ni les "Trappes en fête" en juin, et le tout à l'avenant. On finira par nous donner du "temps des feuilles mortes" en octobre et du "temps des boules de neige" en février. On n'a pas fini de s'en moquer, ici ou ailleurs sur le web.

Mais il faut le reconnaître : la communication politique n'est pas un exercice facile. C'est tout un art de la séduction massive, et il n'est pas rare que les politiciens empruntent aux techniques du marketing ou du commerce pour toucher leur électorat. On a d'ailleurs vu récemment remettre au goût du jour un petit métier populaire qu'on croyait en voie de disparition : baron du bonimenteur. Vous savez, c'est le comparse du vendeur démonstrateur sur les marchés. Celui qui trouve ça formidable, la "machine à rémouler le céleri sans se fatiguer", ou épatant, le "couteau à couper la queue des pommes en quatre", vendu dans son coffret cadeau en plastique précieux. Il met l'ambiance, il pose des questions, il s'enthousiasme bruyamment, et il amorce les ventes en achetant le premier d'un air convaincu, pour décider les badauds à se lancer. Avec un billet donné auparavant par le vendeur, bien entendu. Et bien des ministres ont repris la technique pour leurs sorties politiques promotionnelles dans le monde des vrais gens : on a pu voir récemment des comparses leur assurer la claque dans des supermarchés ou des usines. Il paraît même qu'on en a sélectionné certains pour leur petite taille...

A Trappes, on n'aime pas le commerce, comme vous pouvez le constater chaque fois que vous voulez faire vos courses. C'est donc plutôt dans le monde du spectacle que le maire a décidé de puiser son inspiration. Et tout naturellement, c'est le cirque qui a été choisi pour inspirer le conseil municipal, son programme politique et sa communication. On installe chez nous, dans la Plaine de Neauphle, un "pôle cirque" (?) qui ne manquera pas d'irriguer la vie locale en profondeur. Guy Malandain nous l'a annoncé triomphalement dans sa dernière "lettre du maire".

Il évoquait dans sa lettre, avec une émotion qui suintait du papier, "la rencontre avec une compagnie "le cirque dans les étoiles" qui rejoint la volonté municipale par son approche artistique tant au niveau de la qualité que de la diversité de ses prestations."

On n'est pas sûr de tout comprendre, dans ce charabia technocratesque mal ponctué auquel Malandain et ses seconds tentent de nous habituer depuis huit ans, mais on croit reconnaître une évocation des liens étroits entre la pratique du cirque et celle des élus trappistes. Notre conseil municipal n'est-il pas un peu une "piste aux étoiles", avec son Monsieur Loyal amidonné, ses clowns et ses acrobates, ses fauves ramollis aux lourds soporifiques, ses animaux savants qui donnent la pa-patte et réclament leur su-sucre après chaque pirouette ?

Dans "Aujourd'hui à Trappes en Yvelines", Annie Le Hir, adjointe chargée des "Affaires Culturelles" nous en dit plus : "Les arts du Cirque sont pour nous la recherche sans complaisance de la sincérité d'être soi-même."

Une phrase à prononcer affublé d'un nez rouge et d'un chapeau pointu...

Ce "grand projet culturel" ne nous fera pas oublier la misère de la vie associative trappiste, à nous qui élevons nos enfants ici, et pas à Auffargis ni à Guyancourt. En matière de sport, notamment, c'est la grande misère, avec des terrains délabrés, comme notre stade sans vestiaires dignes de ce nom pour les enfants du club de foot, et la "sport académie" dont Malandain semble si fier, et qui n'est qu'une triste garderie du mercredi matin pour quelques dizaines d'enfants, dans une ville qui en compte des milliers.

Le 8 septembre 2009.


Les Portes de Chevreuse - (2)

Allez, tiens : pour une fois, on va parler un peu de soi...

Dernièrement, on a franchi un cap en matière de haute technologie domestique. On a fait comme Maladain : on est passé à la télé numérique (voir plus bas) ! Le problème, quand on n'est pas un personnage aussi important que le maire de Trappes, c'est qu'il faut faire ses menus travaux d'installation soi-même. Alors, on est allé essuyer les plâtres du nouveau Castorama de Coignières, pour faire de passionnantes emplettes de câbles et de bidules sophistiqués à connecter les uns dans les autres...

Sympa, la nouvelle zone commerciale des Portes de Chevreuse dédiée à "l'équipement de la Maison". Un magasin Boulanger gigantesque finit de s'installer à côté de l'immense garage Citroën, et le Conforama des Essarts devrait rappliquer incessamment sous peu, pour ne rien céder à ses concurrents. Et ça ramène le chaland, tout ça, Messieurs Dames ! Des milliers de bagnoles, le samedi matin, en rang d'oignons sur la N10, toutes fumantes, se mêlant à celles des bienheureux qui vont manger chez Mémé dans la Vallée de Chevreuse, et succédant à celles des chanceux qui partent, le vendredi soir, aérer leur maison de campagne au fin fond de la Beauce. Nos Cadalbert, Malandain et Sellincourt peuvent toujours essayer de nous faire croire qu'on transformera la nationale en joli boulevard urbain paysager si on prolonge l'autoroute A12 par le Vallon du Pommeret, il faut vous faire une raison : la N10 restera une voie rapide de grande circulation, quoi qu'il advienne !

Pourquoi, alors, s'acharner à réclamer une autoroute qui n'apportera que des nuisances environnementales supplémentaires aux habitants de Saint-Quentin-en-Yvelines en particulier, et à ceux de la Terre en général, peut-on légitimement se demander ? Et bien c'est simple : pour relier l'Europe du nord au port du Havre.

Dans son exposé sur le "Gross Paris" de l'autre jour, Nicolas Sarkozy à évoqué la question, en proposant une vision ambitieuse de la région capitale qui intégrerait le Havre comme le port maritime de l'Ile-de-France. Rien de très nouveau, en fait, mais c'est rare qu'on aborde le sujet. Et Nicolas Sarkozy annonce le chantier d'une nouvelle ligne de train à grande vitesse entre la capitale et la ville normande. Mais le TGV, c'est surtout pour les voyageurs, même si une version fret doit exister, dont le président n'a d'ailleurs pas parlé. Et le port du Havre est destiné à accueillir des porte-conteneurs. Le train ne sera donc pas le seul mode de transport sur cet axe. Le mode routier aura sa part, c'est à dire celle du lion, comme toujours. Et tout est déjà prêt, comme par un fabuleux hasard.

Souvenez-vous du débat public sur le contournement de Rouen, presque à la même époque que celui sur le prolongement de l'A12 chez nous. Les services de l'État et les politiciens locaux servaient aux habitants le même bla-bla hypocrite sur la sécurisation des zones urbaines et la protection de la santé de nos chers bambins pour leur vendre le projet. Dans quel but caché ? Celui de fluidifier l'axe routier à grande vitesse à l'ouest de Paris. Mettez bout-à-bout tous les projets autoroutiers entre le Havre et Rocquencourt, raccordez le tout à l'A86 nord en la délestant de 25 000 voitures par jour dans le tunnel "Duplex" pour faire de la place aux camions en surface, et vous avez un splendide axe routier rapide pour le transport des marchandises. Faut bien que la relance passe par quelque part !

Qu'on soit partisan du développement des axes routiers, après tout, pourquoi pas ? Il y a matière à discuter, le tout étant de le faire avec sincérité, et d'annoncer la couleur. Mais justement, on constate que ceux qui défendent la croissance du transport routier refusent systématiquement la franchise du débat, et maquillent leurs projets pour les faire passer auprès des habitants. D'une manière générale, il en va de même pour tout ce qui touche les grandes industries, de la chimie avec les OGM qui serviraient à lutter contre la faim dans le monde et non à asservir la paysannerie mondiale aux brevets de quelques sociétés multinationales, à l'énergie avec le nucléaire qui ne servirait pas à produire des armes pour un quarteron de superpuissances belliqueuses, mais à produire une électricité sans effet de serre. Comme si la transparence nuisait au profit...

Au fait, pour revenir à la télé : la TNT, ça marche bien ! Une seul déception : on n'y a encore pas vu Malandain en haute définition.

Le 4 mai 2009.


La télé, la mosquée et le maire.

L'autre jour, un lecteur nous signale qu'une antenne de réception TV a été installée sur le balcon attenant au bureau du maire, au dernier étage de l'hôtel de Ville. En fait de bureau, il s'agit plutôt d'une suite royale... Mais bref, on vérifie l'information, et on confirme la présence du bidule insolite. Parabole satellite compacte ou antenne TNT ? Pas facile à identifier, de nos jours. Le lecteur nous suggérait que Guy Malandain se passionnait peut-être pour les matchs de football sur le réseau satellite. Vu l'état des terrains de foot à Trappes, on en doute. Autre hypothèse : il regarde (avec envie) les chaînes parlementaires qui diffusent sur la TNT. Surtout Public Sénat ? Mystère...

Et puis arrive le nouveau "Trappes Aujourd'hui" dans nos boîtes à lettres, et l'explication se fait évidente : si Malandain regarde la télé dans son bureau, c'est dans l'espoir nombriliste d'y voir... sa fiole !

Sur TF1 par exemple, qui a tourné un reportage "positif" sur la ville, dans la tonalité "La ville de Trappes est en train de changer de visage". On nous l'apprend en page 5 de la feuille municipale. La "télé de maçon", comme l'appelaient les Guignols dans les années 90, c'est un choix logique, vous me direz, pour Guy-le-Bétonneux. Ainsi, notre cité a eu droit à un reportage élogieux pour la politique municipale au JT de Laurence Ferrari... Bravo, Guy Malandain ! C'était intercalé entre deux soupières passées à Nicolas Sarkozy, sans doute... Un salut de connaisseur à la politique de droite de la majorité municipale ? Politique louée également, nous apprend-on plus loin, par des élus et techniciens lors d'un colloque organisé par l'ANRU. L'ANRU de Villepin et Chirac ? Ça se confirme ! La politique urbaine trappiste plait à la droite, et l'intérêt amical manifesté par la très mitterrandienne Michèle Cotta n'y change rien.

D'après la communication municipale, on porte régulièrement vers Trappes un regard bienveillant depuis l'étranger, notamment les Pays-Bas. Mais est-ce la supposée réussite urbaine qui intéresse les hollandais, ou sont ils curieux de la politique du maire concernant leur grande obsession : la "question musulmane" dans les banlieues ? En tout cas, c'est pas nos pistes cyclables qui les fascinent ! On prend des cours de néerlandais, et on revient vous en parler un de ces jours...

Les hollandais ne sont pas les seuls à s'intéresser à l'islam dans les villes françaises, remarquez. Une universitaire a étudié la singularité de traitement de ce culte religieux dans la vie locale. Elle a enquêté dans 9 villes, choisies en fonction de l'accueil qu'elle y a reçu de la part des élus. A Trappes, elle n'a pas travaillé. Si elle a été bien accueillie en général, elle rapporte : "sur neuf courriers, j’ai reçu sept réponses, dont une négative (Trappes, dont le maire me disait conduire une « politique républicaine »), et l’autre non exploitable (Levallois)."

Cet emploi compulsif du mot "républicain" par Malandain, ça commence à ressembler à du gâtisme politique, non ? En tout cas, le message est clair : cachez ce musulman que je ne saurais voir ! Ici, "la ville est en train de changer de visage", et le visage de l'islam n'est manifestement pas celui qu'on souhaite montrer.

Oh, en 2001, les musulmans trappistes étaient dignes de tous les égards, de la part du Guy Malandain en campagne pour la conquête de la ville. Mais il n'a plus besoin d'eux aujourd'hui, alors il ne tient pas à ce qu'on les place sur le devant de la scène locale. Pas "républicain" sans doute, comme spectacle... Il faut dire qu'avec son alliance de "toute la gauche1" aux dernières élections municipales, il a pu se passer de leurs voix. Et même de celle des trois quarts des électeurs trappistes ! En effet, il a recueilli 54,70% des suffrages avec un taux d'abstention de 55,20%. Trois électeurs sur quatre n'ont donc pas voté pour lui. Un succès "républicain", sans doute ?

Si un jour TF1 veut faire un reportage sur l'abstention dans les villes de banlieue, on se doute que le maire sera moins ravi qu'aujourd'hui. Et pour un sujet sur l'abstention des musulmans, on n'ose même pas imaginer sa réaction !

Il arrache son antenne et la jette sur la N10 avec sa télé !

Le 10 mars 2009.

1 et non pas "toute la Gaulle", comme dirait César...


Trappes en ligne s'est fait discret, en ce début d'année 2009. A sa décharge (municipale), il faut dire que l'actualité locale est aussi molle que nos élus de tous bords.

Heureusement que la crise économique est là pour donner un sens à l'existence de nos responsables politiques trappistes !

Dans un récent journal municipal, ce sont les élus communistes qui y allaient de leur couplet sur la situation économique nationale et la politique du gouvernement. Ils ont été élus pour commenter l'actualité économique mondiale, c'est bien évident... Et c'est tellement plus facile à faire que de mener une politique locale courageuse !

Malandain, lui, a choisi pour exprimer ses pensées aussi indispensables que profondes sur la situation générale française, de réactiver la secte de ses adorateurs, l'ADT, dont la fameuse "lettre" a rempli nos boîtes il y a peu. Ça sent les élections sénatoriales, vous ne trouvez pas ? Quand Malandain parle du pays, c'est qu'il est candidat à une élection nationale. Ça ne rate jamais. Souvenez-vous des préliminaires de l'élection législative. Ceci dit, le maire de Trappes serait à sa place au Palais du Luxembourg : il est plutôt fidèle à la caricature qu'on fait traditionnellement des sénateurs... Pour le remplacer à la mairie, s'il est élu là-bas, il lui faudra trouver un fidèle successeur digne d'être élu. Ça ne sera pas aussi facile qu'il le croit, et il risque d'avoir une mauvaise surprise le moment venu...

Concernant la politique locale, on a tout de même eu un papier de Christine Vilain dans la feuille de l'ADT citée plus haut. Elle nous a réchauffé la vieille soupe que les malandainistes nous servent depuis sept ans : "Trappes change avec le bon Monsieur Malandain, et on nous dit tout le temps que c'est drôlement mieux, avec tous ces beaux travaux qu'on y fait et tout, et tout...". On notera au passage son humour ironique digne du Maître lui-même lorsqu'elle raille les opposants à Malandain en les assimilant au passé et à ceux qui voulaient faire de Trappes un "Village gaullois". Quand on voit que la ville la plus jeune et la plus cosmopolite du sud 78 est dirigée par un quarteron de sexagénaires originaires de l'ouest de la France, on mesure la dose d'autodérision qu'il faut pour sortir un truc pareil ! On ne connaissait pas cet esprit boute-en-train à Madame Vilain...

Yo respect !

Le 23 février 2009.




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