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Rénovation urbaine à Trappes (2005 / 2006)


Dans le journal municipal et sur le web de la mairie, on peut lire à propos du programme de rénovation urbaine entrepris sur la ville :

En cette rentrée, faisons le point avec Guy Malandain, maire de Trappes.
Avant de partir en vacances vous avez défendu la ville de Trappes devant l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Qu’avez-vous obtenu ?
"J'ai effectivement présenté le dossier de rénovation urbaine de la Ville le 30 juin dernier au "jury" de l'ANRU. Il s'agit de l'ensemble des travaux qui seront réalisés jusqu'en 2008 par la Ville, la Communauté d'agglomération et les bailleurs. Je puis dire que j'ai été entendu et profite de la circonstance pour remercier tous les professionnels qui ont travaillé au montage de ce dossier.
Le montant de l'investissement est de 216 millions d'euros hors travaux sur la RN10.
En ce qui concerne les ouvrages réalisés par la Ville, le taux moyen de subvention est de 84 % !
Enfin, j'ai accueilli comme une victoire pour notre Ville, l'accord de l'Agence pour participer au financement de l'enfouissement de la RN10 qui coûtera 57 millions d'euros, ce qui rend encore plus crédible ce dossier."


Passons sur la technique de l'interview bidon de soi-même par soi-même, digne de la communication interne des entreprises du BTP dans les années 70... Le fond est important.

Ces projets sont si importants pour l'avenir de la Ville qu'ils doivent être discutés avec les habitants concernés, quartier par quartier. Vous savez que nous avons toujours procédé de cette manière depuis que le Grand Projet de Ville est en cours de réalisation.
Le principe est maintenant bien expérimenté.
* Une ou deux réunions publiques pour présenter les réponses proposées par les techniciens aux problèmes d'aménagement du quartier. Les comités de quartier y participent, cela va de soi.
* Formation d'un groupe de suivi représentant les divers "intérêts" du secteur concerné.
* Alors commence un long travail avec ce groupe de suivi, les bailleurs, la Ville et des techniciens pour chercher les meilleures réponses, les organiser et les programmer … avec un retour régulier devant tous les habitants du quartier.
Après plusieurs mois de travail, d'échange, de discussions vives parfois mais toujours constructives, le projet de quartier devient un projet partagé par tous, en tout cas par le plus grand nombre et les travaux peuvent commencer. Signalons, enfin, que le groupe de suivi contrôle régulièrement l'avancement des travaux.
Il s'agit d'une vraie pratique de démocratie locale !"

Si les habitants ont leur mot à dire, pourquoi le dossier déposé devant l'ANRU n'est-il pas publié? N'est-ce pas parce que les projets sont bouclés et chiffrés au centime près ? Quelle est la marge de manoeuvre ?

Par ailleurs, on sent bien depuis quelques jours que les grands travaux ne sont pas en mesure de répondre à toutes les exigences de la situation sociale catastrophique des banlieues défavorisées. Démolitions / reconstructions , résidentialisations, embellissements et autres enfouissements de routes nationales ne s'attaquent pas à la misère mais au cadre dans lequel elle se développe.

A cet égard, il semble que socialistes et communistes du conseil municipal n'aient pas pris connaissance des positions de leurs amis politiques par rapport à la politique UMP de rénovation urbaine mise en oeuvre depuis 2001. On les comprend...

Nous vous proposons de consulter les quelques extraits de documents qui suivent pour vous faire une idée plus précise de la direction que les choses prennent à Trappes. Les liens pointent vers les documents intégraux sur leurs sites d'origine.

Tous les socialistes en France ne se conduisent pas comme des actionnaires d'entreprises du BTP dès lors qu'il s'agit de rénovation urbaine. Ainsi, le journal l'Humanité rapporte la démission du conseil d'administration de l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine de Thierry Repentin, sénateur PS.

« L’esprit de l’ANRU a été détourné » - Texte intégral sur le site de l'Humanité

Extrait :


"On pourrait résumer la situation d’une formule : en dehors de l’ANRU, point de salut. Or la politique de la ville ne peut pas être réduite à l’ANRU. Nous ne voyons, au sein du conseil d’administration, que des dossiers de démolition, de reconstruction, d’aménagement urbain, de réhabilitation, de résidentialisation... Toutes choses nécessaires, mais auxquelles il manque un projet politique. Quel projet humain au-delà du projet urbain ? À aucun moment, on ne nous parle des mesures d’accompagnement des publics concernés. Je ne suis pas sûr que l’immensité des sommes que nous investissons produira les effets escomptés. Ce n’est pas en changeant les voiries et en reconstruisant des immeubles plus petits qu’on s’attaque à la pauvreté des gens qui habitent ces quartiers."

C'est pourtant ce que prétend faire le maire de Trappes. Et les rares mesures d'accompagnement  qu'il avance pour humaniser son programme de grands travaux sont gonflées ou inventées (voir la rubrique billet).



Journal l'Humanité - Rubrique Société - Article paru dans l'édition du 8 avril 2005.
Evénement - Faut-il sacrifier ces tours ?

EXTRAITS :

Ces chiffres vertigineux ne signifient pas pour autant que l’État a décidé de consacrer plus d’argent à la politique de la ville que les années précédentes. Les sommes consacrées à la construction, à l’amélioration de l’habitat et à la rénovation urbaine ont même régressé depuis 1996, passant de 813 millions d’euros à 691 en 2005. Cette pingrerie de l’effort public a fait une grande victime : en trois ans, la dotation budgétaire accordée, hors quartiers du renouvellement urbain, aux réhabilitations de logements sociaux a baissé de 50 % et celle des améliorations de l’habitat privé de 30 %, note Michel Mouillard, professeur d’économie, spécialisé dans le logement. « L’insuffisance globale des crédits d’État prive d’ores et déjà le reste du patrimoine social des moyens nécessaires à sa réhabilitation : c’est comme cela que l’on prépare la dégradation de nouveaux ensembles », s’inquiétait il y a deux ans déjà Michel Delebarre, président de l’Union sociale pour l’habitat.

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Quittons les chiffres pour nous intéresser au rôle de l’ANRU. Le premier bilan d’étape du comité d’évaluation et de suivi de l’agence de février 2005 liste un certain nombre de problèmes. Le premier concerne son périmètre d’action. « Aucune vision ne pilote l’ensemble du programme » de politique de la ville réalisé par l’ANRU et par d’autres organismes comme la délégation interministérielle de la Ville, note le document. Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre et membre de ce comité, va plus loin. « L’ANRU a écrasé toute réflexion sur la politique de la ville. La preuve, c’est qu’il n’y a aucune politique sociale qui soit de son ressort. L’idée défendue est que la mixité urbaine fera de la mixité sociale. C’est un manque d’intelligence patent, surtout lorsqu’à côté, on coupe à la hache dans les subventions accordées aux associations, les seules actuellement à agir vraiment sur ces quartiers. Le Loto ne peut pas rester le seul espoir d’ascension sociale », conclut-il, sévère.

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Groupe socialiste du Sénat
09.12.2004 - Projet de loi de finances pour 2005 Ville et rénovation urbaine
Intervention de Roger Madec Sénateur (PS) de Paris.


EXTRAITS :

Dans ce contexte, la démolition de tours et de barres d'immeubles, mais aussi la réhabilitation ou la résidentialisation, font partie intégrante de la politique de la ville.

Celle-ci comprend également un volet social important, que vous semblez sous-estimer. En effet, l'action sur l'urbanisme ne se suffit pas à elle-même. Cette politique peut certes permettre de changer l'image d'un quartier que la précarité et l'abandon ont conduit à la dégradation et au « mal vivre », mais, sans accompagnement humain et social fort, cela équivaut à un pansement sur une gangrène.

Il faut donc porter l'effort parallèlement sur l'insertion professionnelle, la prévention, notamment sanitaire, le développement des services publics, l'éducation et les loisirs.
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Ce projet de budget fait donc apparaître une reconcentration de la politique de la ville. En outre, le désengagement financier en matière d'accompagnement humain et social va contraindre in fine les acteurs locaux à se tourner vers les collectivités territoriales qui, comme dans d'autres domaines, seront sollicitées pour prendre le relais de l'Etat, là où celui-ci se désengage de façon importante.

Pour toutes ces raisons, et sur la base des arguments que mes collègues Mme Michèle San Vicente et M. Thierry Repentin présenteront dans quelques instants, le groupe socialiste votera contre ce projet de budget.




Concernant les pratiques de "démocratie locale" dans les programmes ANRU, nous vous conseillons l'article suivant :

RÉNOVATION URBAINE" À ST-ETIENNE.
Les habitants-citoyens veulent être partie prenante.
Une "Charte" est en discussion.
vendredi 8 avril 2005


Dans l'ensemble, le site reseauxcitoyens-st-etienne.org est d'ailleurs intéressant à parcourir.



Démolitions de HLM
Pourquoi nous sommes contre
daté du 7 novembre 2005 par AC ! Trappes

Même remarque que pour le précédent : www.ac.eu.org. On reparlera certainement d'AC ! dans les mois à venir, sur ce site comme dans tout Trappes !


Dans Libération en ligne

Dossier Roland Castro, architecte et ancien délégué à la rénovation des banlieues, analyse les politiques d'urbanisme :
«La cité enferme, favorise les phénomènes de bande»


Politique de la ville: trente ans de traitements d'urgence


EXTRAITS :

"
Quand le gouvernement Jospin arrive aux affaires, en 1997, il ne comporte même pas de ministre de la Ville. Claude Bartelone arrivera bien plus tard. Mais en privilégiant toujours le bâti et non les habitants. Depuis 2002, Borloo en a fait son dossier principal. Avec le succès que l'on mesure aujourd'hui."