Une autre
idée de la
politique ?
En
voilà, du bazar, dans la majorité de la
majorité du conseil municipal de
Trappes ! Cette fois, ça y est : les
tension internes s’étalent dans
la presse. Djamal Yalaoui, adjoint à l’enfance,
rompt la loi du silence et fait
sécession. C’est dans Toutes les Nouvelles
du 17 mai. A l’occasion de la
commémoration de l’abolition de
l’esclavage, il donne une interview et annonce
la création de son association Avenir Citoyen,
qui prône la rupture avec
la politique locale menée depuis son arrivée par
Guy Malandain.
"Dans
cette ville, il existe un véritable décalage
entre les politiques et les gens
qui y vivent. Trappes évolue, elle se bétonne,
mais beaucoup d'habitants
pensent que leur ville n'a pas changé malgré les
promesses." Et il évoque
la nécessaire prise en compte de l'éducation, de
l'emploi, du logement et de la
jeunesse. On ne dit pas autre chose ici depuis octobre 2005
(jusque-là on se
contentait de le dire ailleurs) et on vous a assez
parlé de la fixette
bétépiste de Guy le
Bétonneux…
D.
Yalaoui est un peu plus précis dans ses reproches
à la politique de Malandain
lorsqu'il déclare qu'on "veut
blanchir cette ville et envoyer les gens de
couleur plus loin." Blanchir la ville…
Voilà bien longtemps que cette
expression attribuée à Malandain circulait en
ville. Il se racontait que des
élus l'avaient rapportée à untel, qui
l'avait répétée à tel
autre… Mais
personne n'était sûr de rien. Bien entendu, on
disposait d'un faisceau
d'indices concordants pour se faire une idée du
mépris que Malandain réserve
aux trappistes en général, et à
certains en particulier.
On
peut évoquer d'abord la pratique d'éviction
systématique des
"hébergés" dans la politique d'attribution de
logements, instaurée
dès le début du mandat pour favoriser la
mixité sociale. Cette expression,
"mixité sociale", ça doit être une
traduction d'un terme serbo-croate
entendu en Bosnie dans les années 90… La
mixité sociale, c'est une négation
de la démocratie locale : ça permet de
considérer qu'une personne qui n'habite pas
encore à Trappes, mais qui achètera ici dans
plusieurs années un logement qui
n'est pas encore construit, est plus trappiste qu'un pauvre qui habite
ici
depuis vingt ans. Une politique de mixité sociale vise
à remplacer une
population indésirable par une population
désirée. Politique
de "peuplement" (le terme fait froid dans le dos), promotions
immobilières, destruction de logements sociaux reconstruits
dans
d'autres villes, fermetures de classes voire d'écoles, tout
est
bon pour la mixité. La stérilisation des
autochtones est
encore interdite...
Djamal
Yalaoui, lui, semble se souvenir soudain qu'il a
été élu à Trappes, pour
agir
au bénéfice de trappistes bien réels,
habitant des logement sociaux qui ne sont
pas encore détruits. C'est bien. Il est soutenu dans sa
démarche par un autre
ancien amnésique apparemment guéri du conseil
municipal : Eric-charles Gomis, adjoint à la
politique de la Ville. A quoi pensaient-ils, ces deux-là,
quand ils se sont
placés en 2001 dans l'ombre du vieux toubab, de
l'administrateur colonial, du
fossile d'un autre âge politique ? Croyaient-ils
sincèrement que derrière
l'hypocrite doucereux et mégalomane se cachait un vrai
démocrate humaniste,
plein d'empathie et d'amour pour l'altérité ?
Croyaient-ils vraiment que Malandain
allait jouer de son côté au Monopoly avec le GPV
et la rénovation urbaine, et
que pendant ce temps-là eux, ils allaient tranquillement
répondre sur le
terrain aux attentes des trappistes ? Croyaient-ils
réellement qu'un arabe et
un noir pouvaient exercer un pouvoir à Trappes-en-Yvelines, l'une des 7
communes de l'agglomération de Saint-Quentin en Yvelines,
aux portes du Parc de
la Vallée de Chevreuse ?
On
a quand-même le sentiment d'un énorme
gâchis, quand on mesure tout ce temps
perdu à avaler des couleuvres, à faire semblant
en public, à voter comme un
seul homme tout ce qu'on leur apportait au Conseil municipal. Mais
même
tardivement, relever la tête et retrouver sa
dignité ça fait toujours du bien
!
On
ne peut pas refaire l'Histoire, mais on refait
régulièrement des élections.
Djamal Yalaoui et Eric-Charles Gomis ont contribué
à l'essort dans notre ville
d'une véritable nuisance politique incarnée par
Guy Malandain et sa suite. Ils
peuvent aider à nous en débarrasser, et faire
sérieusement ce qu'ils promettent
: "Nous sommes là pour déranger, pour dire les
choses, et le maire actuel
n'imposera pas sa succession aux Trappistes".
On
vous regarde...
Le
18 mai..