Dans
la guerre que se livrent Guy Malandain et Djamal Yalaoui, le premier
fait
donner une charge de réservistes qui sont pour le moins
inattendus. Dans les
Nouvelles de Versailles
de ce matin, Karim Chacal, adjoint défaillant et
démissionnaire
à la jeunesse, et Kamal Benmarouf,
chevènementiste yvelinois, viennent à la
rescousse d'un Guy Malandain secoué dans son propre donjon
de la mairie.
Deux
politiciens locaux d'origine maghrébine, pour
réfuter les accusations de mépris
envers les trappistes
« colorés »
lancées par un autre maghrébin
contre le maire... Sacré Malandain ! Toujours les
mêmes vieilles ficelles... A
part ça « la politique n’est pas
une question de couleur » (titre de
l’article des Nouvelles)... On sent la commande à
20 kilomètres.
Ainsi,
c’est K. Benmarouf qui prend le commandement de la garde
personnelle de
l’administrateur colonial (le terme est de lui). Pourquoi pas
? A l’automne
2005, il ne voulait pas entendre parler de lui comme candidat
à quoi que ce
soit, mais on a déjà vu d’autres
retournements dans la vie politique trappiste.
La promesse d'un strapontin électoral quelconque doit sans
doute récompenser
cette marque inespérée
d’allégeance. « Je suis
prêt à prendre mes
responsabilités »,
déclare-t-il aux Nouvelles à propos de sa
présence sur
une liste aux municipales. En tout cas, on le sent inquiet à
l'idée que Michel
Espinat s'implique dans les élections à venir.
Une idée à creuser ?
« Après
bientôt trois ans d’absence, j’ai choisi
de rompre le silence pour dénoncer des
comportements nuisibles... », déclare
Karim Chacal. Il se prend pour De
Gaulle, ou quoi ? Qui, à part Malandain, lui a
demandé quelque chose, du reste
? Vaniteux, il ne peut s’empêcher
d’évoquer ce qu’il considère
comme un haut
fait politique : sa deuxième place aux cantonales de 2001.
Pour l’occasion, il
avait retourné sa veste, verte jusque-là, et
avait rejoint le mouvement de
Chevènement : les verts ne l’avaient pas
suivi dans sa candidature, et il
se jugeait si indispensable à la vie politique locale
qu’il avait changé de
parti. Ca n’était d’ailleurs pas la
première fois. Un homme de convictions,
Karim Chacal...
Et
le grand démocrate distille ses conseils sentencieux
à Yalaoui, dans un style
si ampoulé qu'on croirait lire son ancien patron. Il nous
habille le Djamal
pour l’hiver 2OO7 : démagogue, sans morale
politique, manipulateur, etc.
Certains trappistes se souviennent sûrement du K. Chacal de
2001, adjoint
inexistant aux travaux, permanent politique de Malandain faisant
campagne à
temps plein dans son local de la rue Carnot où il
exerçait, à nos frais, la
profession officielle d’attaché parlementaire...
On se souvient aussi que sa
campagne n’avait visé que les
maghrébins, sur le marché des Merisiers et sur le
lieu de culte du square de la Commune. Lors de l’incendie de
la synagogue de
Trappes, un peu plus tôt, il se présentait
même à la presse comme
« conseiller municipal
musulman ». Pour prendre la place des
méchants
communistes à la mairie, aucune manipulation
n’était trop grossière aux yeux du
Karim Chacal candidat de cette époque là.
Une
fois élu adjoint à la jeunesse, il a
démontré que son agitation
n’était que
cuisine électoraliste, et qu'il n'avait aucune
capacité.
Il n’a rien fait de ce qu’il prétendait
réaliser, et n'a
surtout pas représenté les
intérêts des
jeunes trappistes au conseil. Il a
disparu et a planté là les gens qui avaient cru
en lui.
Aujourd’hui,
il revient nous servir la soupe qu’on lit tous les mois dans
Trappes
Aujourd’hui : « Trappes commence
à changer de visage elle devient une
référence en matière
d’urbanisme, d’éducation, de politique
de la ville et elle
le doit à une seule personne : Guy
Malandain. »
Que
sait-il de ce qu’on a décidé pendant
trois ans au conseil municipal avec le
pouvoir de vote qu’il donnait, comme un bon petit soldat (le
stalinisme n’est
plus l’apanage des communistes...)? La politique de la ville
à Trappes ? De
l’argent de l’Etat qui, pour les trois quarts paye
le fonctionnement normal de
la mairie, et pour un quart saupoudre un tissus associatif exsangue et
vassalisé. Pas un service nouveau à la population
n’a été développé
en cinq ans
sur la ville, au contraire. L’éducation ? Le maire
et
sa politique ont plongé la ville dans un conflit permanent
avec la quasi
totalité des enseignants primaires. L’urbanisme ?
C’est bien le problème qu’a
soulevé Yalaoui : il sert ici une politique de remplacement
de la population
par une autre. Mais Karim Chacal habite déjà
ailleurs, il ne craint rien.
On
sent bien qu’il n’y a pas que Djamal Yalaoui qui
semble avoir des ambitions
politiques. Karim Chacal n’a peut-être pas
tiré complètement les conséquences
de ses ratés à Trappes... On perçoit
même de la jalousie à l’encontre de
celui qui
pourrait bien obtenir le rôle qu’il
rêvait de jouer.
Au
final, la double intervention des
« amis » de
Malandain dans les
Nouvelles montre des « parvenus »
qui
caricaturent comme personne la
classe moyenne et l’esprit petit bourgeois bien
français :
ils ont une haine
viscérale des communistes, une peur panique des jeunes et du
mouvement, une
obsession maladive de la respectabilité, des valeurs
éprouvées, de l’ordre
établi. Ils se rangent, comme toujours, du
côté du
manche. Et le manche, pour l'instant, c'est le maire en place.
Avec Yalaoui, on ne sait pas à quoi s’en tenir, c’est vrai. Mais avec ces deux-là, c'est sûr : on ne changera jamais rien.
Le 7 juin.