Rentrée
politique ?
Une coûteuse communication
municipale remplit nos boîtes à lettre depuis la
rentrée scolaire. C'est qu'il
faut briller à tout prix, se montrer à son
avantage. A y regarder de près,
pourtant, on perçoit le malaise entre les lignes de louanges
sans nuances des
réussites de l'équipe municipale.
La rentrée
(scolaire ou politique
?) est annoncée dans Trappes Aujourd'hui comme
étant tournée vers la réussite
éducative. Et le maire nous annonce que "l'Education Nationale a
décidé
d'ouvrir de nouvelles classes pour répondre à
l'augmentation des
effectifs". En page 11 de la même feuille, un
bémol sibyllin tempère
cette déclaration triomphante : "Suite au comptage des
élèves par
l'inspection académique, cinq classes
supplémentaires étaient ouvertes...Ainsi,
pour la première fois depuis longtemps, et malgré
la fermeture de 3 classes, le
solde est non seulement positif, mais le nombre
d'élèves progresse d'une
centaine pour les écoles élémentaires,
d'une soixantaine en maternelle. L'an
dernier, la situation s'était déjà
stabilisée." Ca va juste un peu moins
mal, en somme. Et encore, on ne sait pas vraiment… On
comprend mieux comment
les enfant peuvent se retrouver à 22 dans un CP en zone de
Réseau d'éducation
prioritaire... Dans les écoles, les enseignants ne semblent
d'ailleurs pas
partager l'enthousiasme de la municipalité. Ils n'ont pas
apprécié, notamment,
la manière dont les horaires scolaires ont
été modifiés sournoisement, sans
concertation, au mépris de l'intérêt
des enfants qui doivent supporter une
coupure de deux heures au milieu de la journée..
Des enfants, il est
justement
question dans une plaquette thématique consacrée
à la politique de la famille.
Le thème cadre bien avec le paternalisme d'un autre temps
qui suinte de toute
la communication malandainiste en direction des trappistes. On revient
aux
vraies valeurs d'antan: celles qui ont le bon goût de l'eau
pétillante du
Massif Central… Mais si on lit l'édito du maire,
on se demande s'il sait
lui-même ce qu'il veut nous vendre : "Cette plaquette vous invite
à
prendre connaissance et à vous approprier ces lieux de vie
et d'activités…
Faites votre choix, participez ! Vous avez des besoins, vous
avez des projets
personnels, de voisinage… Mettez toutes les chances de votre
côté. Comptez sur
votre ville." Amenez vos sandwichs sur nos
équipements et faites un
pique-nique avec vos voisins ! Le cœur n'y est pas. C'est
confus. On sent bien
qu'il rame. Même le célèbre "bien
cordialement", façon manuscrit, est
fatigué et penche lamentablement.
On a aussi
reçu une plaquette
pour le sport et la culture. Malandain signe là encore
l'édito, sans doute
parce que les adjoints à la culture et au sport
n'étaient pas rentrés de
vacance à la date de mise sous presse. On ne va quand
même pas imaginer qu'ils
seraient en désaccord avec le maire…
Le vernis de la politique
municipale a commencé a
craqueler au printemps dernier. Trappes-en-Yvelines n'existe que sur le
papier
glacé des agences de communication, mais Trappes tout court,
la ville
"pour de vrai", vit dans ses squares et sur ses marchés. A
l'approche
des élections municipales, elle fait entendre de plus en
plus distinctement son
exigence de respect et d'action. Il faudra plus que du papier pour
rassembler
une population qui croit de moins en moins aux discours politiques
à
l'ancienne, ou même des élus de la
majorité qui osent de plus en plus attaquer
les dogmes malandainistes. Les
prochains conseils municipaux en apporteront certainement de nouvelles
preuves.
Le 23 septembre 2006