Bientôt
un an !
L'an dernier, on en avait marre depuis
déjà un moment des faux
bilans, des faux-semblants, et des faux dévots de la
République qui se conduisent à Trappes comme les
Ceaucescu à Bucarest autrefois, en plus petit. Mais on se
disait que la petite cuisine politique locale est faite de
ça
en France, et qu'on n'y pouvait rien. Et puis cette
sordide histoire
de bagnole,
au mois d'août 2005, a été la goutte
d'essence qui a mis le feu au réservoir. Dans cette ville ou
les trois quarts de la population galèrent pour partir en
vacance, et souvent très loin, au pays, pour voir la
famille,
un membre de la direction de la mairie a pris une voiture de la ville
pour partir en congé et l'a détruite
dans un
accident à des milliers de kilomètres de
Trappes.
Le maire, Guy Malandain, aurait bien voulu que
l'affaire reste secrète, et il a menacé dans un
courrier
tous les membres du personnel de sanctions s'ils en parlaient
à
l'extérieur. Mais l'information a quand-même
circulé.
On
s'est dit que là, c'était trop, et qu'il fallait
faire
quelque chose pour dénoncer une gestion dont la
réalité
était toujours maquillée. Parce que cette
histoire, ce
n'est pas celle d'un dérapage (pas de jeu de mot !) ou de la
faute d'un individu. C'est celle d'un système. Un
système
fondé sur le mépris des trappistes qui ne sont
bons
qu'à servir les intérêts de gens pour
qui habiter
à Trappes doit être une maladie honteuse,
puisqu'ils
vivent ailleurs. Nos écoles, si merveilleuses depuis que
Jeanine Mary s'en occupe, ne sont pas encore assez bonnes pour leurs
enfants. Nos squares, si bien résidentialisés
dans le
cadre de la rénovation urbaine ne sont pas encore assez
fleuris pour eux. Nos commerces, objets d'une politique
économique
si pertinente, sont encore trop exotiques à leur
goût. Mais
nous, trappistes, si nous trouvons à redire à la
politique menée par le maire et son équipe (?)
c'est
que nous sommes des aveugles, des ingrats ou des abrutis. La
démocratie locale Malandainiste, c’est assez
simple : il est
fondamental que les décisions importantes pour une ville
soient prises par des gens qui n'y habitent pas. Sinon ça
fausse tout, vous pensez bien : c'est le bazar, le
phalanstère,
l'autogestion ! Mais pour choisir la couleur des toboggans sur les
ères de jeux dans les squares, on a tout de même
des
comités de quartier... Des comités
indigènes
consultatifs dans une administration coloniale ?
Il faut jeter de la
poudre aux yeux, faire du lourd qui se voit de loin, pour
démontrer à tous dans la région
(surtout au Parti
socialiste...) que Guy Malandain est un homme épatant qui
n’aurait jamais dû perdre SON siège de
député
de la 11ème circonscription des Yvelines, et qu’il
doit le
retrouver au plus vite ! Car notre administrateur colonial est
persuadé
d’avoir un destin national, et Trappes n’est pour
lui qu’un
tremplin. Elancourt faisait très bien l’affaire
autrefois,
quand il y était élu. Et Trappes pourra bien se
contenter, dans deux ou trois ans, de sa fidèle
première
adjointe (qui n’habite pas plus ici que lui) à qui
il
passera la main pour se consacrer à des affaires plus
"sérieuses" s'il est réélu.
Un
site internet, ça nous a paru être une bonne
idée
pour évoquer tout ça, et toucher les trappistes
ou
ceux d'ailleurs qui peuvent s'intéresser à la
ville. "Trappes
en ligne" est né comme ça.
A propos de
site, celui de la ville (l'officiel) a un peu changé. Mais
il
est toujours aussi peu utile : informations obsolètes et
désordonnées ; absence
de comptes-rendus des conseils municipaux passés et des
ordres
du jour des prochains ; absence totale d'interactivité et
impossibilité de mener des démarches en ligne ;
etc. Et
en page d'accueil, on remarque avec amusement qu'un lien pointe vers
la "chaîne météo" (service
privé), alors que
le conseil municipal a récemment pleurniché
inutilement
contre la fermeture d'une partie des installations trappistes de
Météo France (service public).
Le 15 octobre 2006.