Veni, vidi, VINCI !

La commission du débat public est passée, et le ministère a choisi le tracé pour le prolongement de l'A12 : ce sera le 2C'. Ne cherchez pas sur internet les réactions de la municipalité de Trappes, il n'y en a pas. Les responsables politiques qui se sont agités pour la création de cette autoroute ces derniers mois, sont dans l'ensemble plutôt discrets sur le web. A croire qu'ils peinent à comprendre ce qui va se passer et qu'ils n'osent pas avancer d'avis qu'ils auraient à contredire plus tard.

La situation est pourtant simple : tout le monde est perdant ! Montigny explose, Trappes se garde sa N10 en l'état et perd un peu plus son bois. La Verrière est saccagée et Coignières devient une ère de stationnement sur l'autoroute A12. Ajoutez à ça une pollution atmosphérique multipliée par trois, et vous avez le tableau à terme.

Les élus de Trappes voulaient un autre tracé, celui par le vallon du Pommeret. Mais le bon tracé n'existait pas. Peu importe par où elle passe, cette autoroute est une aberration. Le "progressisme" productiviste protohistorique des élus locaux de Saint-Quentin a ouvert la voie aux camions du monde entier dans le sud du département. Et les trappistes attendront en vain la "cicatrisation" de la N10 qui restera une voie rapide. Les élus locaux ont brandi l'argument des nuisances de la N10 pour rameuter leurs concitoyens, mais leur préoccupation dans le prolongement de l'A12 est ailleurs: ils pensent compenser la perte de vitesse économique de la Ville Nouvelle par la reprise du développement exogène induit par le nouvel axe. Le développement durable, c'est trop compliqué pour eux, et  ça ne rapporte rien sur un ou deux mandats ! On préfère piquer des entreprises existantes (et leurs salariés) aux autres territoires, c'est plus simple. Ca ne marche pas très bien, ça ne crée pas d'emplois, mais ça fait illusion pendant un moment. Le temps que les entreprise re-délocalisent...

Le 7 novembre 2006.