Nuit gravement à la santé politique.

Vous pensiez que la police municipale de Trappes n'était occupée qu'à remplir des carnets de PV sur la zone bleue de stationnement autour de l'hôtel de Ville ? Vous aviez peut-être tort.

La police municipale pourrait bien être une cellule secrète de lutte contre le terrorisme international des intégristes narcotrafiquants. Ce que Jamel Debbouze appelait dans un de ses sketches : "les réseaux islamistes de drogue" ! Une sorte de mélange d'Al Qaïda et de la maffia russe, mais en plus petit tout de même.

Un indice : le grand chef de cette PM, notre Directrice de la Prévention et de la Sécurité, était en novembre 2006 dans la belle ville espagnole de Saragosse pour un colloque européen intitulé "Sécurité, démocratie et villes". Elle devait y présenter, dans le cadre d'un atelier sur "la gestion des crises urbaines", l'expérience de la ville de Trappes. Comme elle était prévue en fin d'après-midi, son intervention n'a peut-être pas eu lieu faute de temps. Toujours est-il qu'elle n'est pas sur le compte-rendu. On ne saura jamais de quoi elle a parlé. Mais c'était sûrement intéressant. On n'imagine pas une employée municipale s'en aller parler de nous si loin d'ici pour rien...

Blague à part, ça avait l'air intéressant, ce colloque, à la lecture des sujets abordés et des interventions. On peut toutefois s'étonner de certains "rapprochements" thématiques, comme par exemple pour les ateliers de travail du vendredi 3 novembre : Jeunes sous violence / Urbanisme, espaces publics et insécurité / Migration, minorités / Gestion des crises urbaines / Drogues. Un banlieusard paranoïaque pourrait déceler là-dessous des "amalgames stigmatisants", reliant artificiellement comme dans un message subliminal : la jeunesse, la violence délictueuse, la banlieue, les immigrés, les émeutes et la toxicomanie... Allons ! Il ne faut pas voir le mal partout ! Nos brillants spécialistes de la chose urbaine (et donc de la sécurité...) ne veulent que notre bien. Et les politiques gouvernementales qui les ont tant inspirés, des "sauvageons" de Chevènement au "Kärcher" de Sarkozy, sont salutaires. Et puis, il ne faut pas se voiler la face : le mal est là, parmi nous.

Tenez, prenez la drogue... C'est un fléau. Bon, c'est vrai qu'il y a drogue et drogue... Ou plutôt : drogué et drogué. C'est moins le produit qui fait la différence, que son utilisateur. Le mauvais drogué, c'est le jeune de banlieue désoeuvré, particulièrement s'il a "des origines ethniques". Celui-là, ça le rend violent, ça le désocialise, ça le pousse à s'enfoncer dans une spirale toxicomaniaque et délinquante. Mais une "autre pratique de la drogue est possible" ! De la drogue "douce", bien entendu. Le bon drogué, lui, a un bon job, bien payé. Il est souvent propriétaire, et pas à Trappes. Il fume pour se détendre, voir la vie autrement, avec des amis choisis qui ont aussi bon goût que lui. Il est plutôt blanc. Mais il lui arrive de se mélanger. La drogue, avec lui, c'est convivial. Et bien sûr sans danger. Ni pour lui, ni pour les autres, même lorsqu'il travaille ou conduit après avoir fumé. L'usage de la drogue recouvre deux réalités très différentes, vous l'aurez compris. D'un côté, vous trouvez le toxico type de banlieue, chargé au mauvais bédo, qu'il mélange souvent à la sinistre "huit'-six". De l'autre, vous trouvez le fumeur hédoniste et responsable, enivré de bon chichon, pourquoi pas biologique, et de vins fins d'appellation contrôlée (on est en France, bordel !).

Il est vrai que des dérapages peuvent avoir lieu : les soirs de disette, les fumeurs des beaux quartiers s'aventurent à acheter du vulgaire marocain qui tache à de jeunes revendeurs qui entretiennent des liens coupables avec de dangereuses maffias, et il peut même arriver que certains se lâchent sur les alcools forts ou les médicaments de contrebande, voire les deux à la fois. Mais dans l'ensemble, le bon fumeur se tient bien : il assure au travail, il est un bon parent d'élèves à l'école, il lui reste des points sur son permis et son casier judiciaire est vierge. Pour l'autre, le mauvais, on est bien obligé de faire quelque chose... On a des politiques de lutte contre le fléau.

Vous me direz, ça la foutrait quand-même assez mal si des "bons fumeurs" étaient chargés de conduire des politiques publiques visant à pousser les "mauvais" à arrêter de fumer... C'est vrai. Pour éviter les problèmes, il faudrait instituer une sorte de "casier cannabis" qui devrait rester vierge pour que son titulaire occupe certains emplois. Ou certains mandats électifs, comme maire ou maire adjoint. Il faudrait faire passer des tests, bien sûr. On aurait un peu l'impression de malmener les libertés individuelles... D'autant qu'on n'aurait pas affaire à de la racaille. C'est jamais marrant d'embêter le citoyen tranquille... Mais ça ne serait pas pire que de faire passer des tests ADN à des gens qui veulent juste vivre avec leurs gosses !

Eh bien oui, tiens ! Lançons à Trappes un nouveau concept de l'excellence citoyenne. "Trappes ville propre" ! Des élus et des professionnels irréprochables qui s'engagent contre le cannabis. Pour donner l'exemple des "bonnes pratiques citoyennes urbaines", ils s'astreindraient à faire un test de dépistage régulièrement. Ça serait super éducatif !

Pourquoi la ville de Trappes se lancerait-elle dans des projets pionniers de ce genre, me demanderez-vous ? Mais parce qu'elle a beaucoup à se faire pardonner en la matière ! Le logo de notre collectivité, vous l'avez vu ? C'est une véritable incitation à la fumette : il représente une feuille de cannabis !



Le 12 décembre 2007.