Blues de
l'A12.
On peut constater un consensus politique
très large, à Trappes et dans les environs
immédiats, toutes
tendances confondues, sur le prolongement de l'autoroute A12 : sans
cette nouvelle autoroute, pas moyen de régler le
problème
de la N10 qui coupe la ville en deux, plombe la circulation entre le
nord et le sud de la ville, a causé la mort de plusieurs
personnes ces dernières décennies, et occasionne
une
pollution qui dépasse la limite du tolérable.
Autrement
dit : le seul moyen de faire cesser les nuisances de cette quasi
autoroute, c'est de construire une autoroute à part
entière,
ailleurs. Deux kilomètres plus loin. Et tout ira bien. Pour
tout le monde. C'est tellement simple que ça en
paraît
presque débile !
Si
on habite Trappes, on essaie bien sûr de croire au bien
fondé
de la théorie parce qu'on souffre des nuisances de la N10
chaque jour.
On
peut presque y arriver si on fait abstraction de quelques
détails.
- La
sécurité des nouveaux riverains de la future A12,
d'abord. Ceux qui seront présents au moment de la mise en
service, mais aussi tous ceux qui s'installeront à
proximité,
avec l'urbanisation induite, favorisée et permise par les
déclassements de sites actuellement
protégés. Un
peu comme nous qui nous sommes installés, autrefois, le long
de la N10.
- La
pollution, ensuite. Il est difficile de
croire
longtemps que l'augmentation du trafic qui résultera autour
de
Trappes de l'appel provoqué par cet axe
transeuropéen
sera sans conséquence sur la ville. On ne parle pas de la
planète en général, bien entendu.
- La
destruction immédiate d'un environnement de
qualité
dans les zones boisées et rurales traversées,
dont le
bois de Trappes.
Alors,
on se dit que la nouvelle autoroute passera ailleurs, chez les
autres. Ils sont moins nombreux, donc le mal sera moindre. Il y aura
sûrement moins de tués, c'est
mathématique. Et
puis ils sont riches et de droite, dans les zones visées par
le tracé, alors ça leur fera les pieds.
Mais
on ne peut pas s'empêcher de continuer à se poser
des
questions :
- La
N10, qu'est-ce qu'elle deviendra quand il y aura l'A12 ? Et si ils
nous la laissaient là ? On aurait l'air malin à
Trappes, avec notre plateau urbain de 300 mètres de long
entre
le vieux cimetière et le pont Cachin, et la 10 de chaque
côté,
comme avant...
- Et
le bois de Trappes ? On ira comment ? C'est déjà
pas
facile aujourd'hui... De toute façon, qu'est-ce qu'il en
restera ? Et, après tout, ces zones qu'on va
abîmer, un
peu plus loin, ça n'est pas un peu aussi chez nous ?
- Mais,
pourquoi on aurait besoin de nouvelles autoroutes, au fait ? Pour de
nouveaux kilomètres de voitures au pas, contenant une
personne
chacune, deux fois par jour dans chaque sens ? Pour aller se garer
à
Paris dans des couloirs de bus ? Pour transporter par camion
d'Espagne au Danemark des tomates qui seront mises en boîtes
et
renvoyées en Espagne, toujours par camion, avec en plus des
boîtes de crevettes pêchées au Maroc qui
arrivent
de Rotterdam ? Pour financer de grands travaux qui, en retour,
permettront le financement de campagnes électorales ?
- Les
transports en commun du Conseil régional de gauche, ils sont
où ? Pourquoi on n'a pas plus de trains et de RER qu'avant ?
C'est trop cher ? Et les bus en sites propres dans la ville nouvelle,
c'est pas possible ?
Etant
donné leur âge moyen, il y a peu de chance -
hélas
pour eux – que les élus locaux qui soutiennent le
projet
A12
en voient les conséquences. Pour les autres, plus jeunes, ou
qui ont des enfants, un peu de réflexion prospective ne peut
pas
faire de
mal. Nous vous proposons un site web, très partial mais
sérieusement fait, pour mieux comprendre et mesurer les
enjeux
du dossier A12. En attendant une information publique consistante
de la part des partisans du prolongement de l'A12, et pas seulement des
manifestations dominicales avec écharpes tricolores dans le
vent...
Suivez
le lien : www.a12non.org